TÉLÉCHARGER LE JOBARD

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Andgel : Bravo tout le monde Andgel : Bonne anniversaire m'a copine À dgeh : Bonne anniversaire m'a copine le jobard chapitre Par alain l. Autant le mois de mai avait été ensoleillé, autant le mois de Juin fut gris et pluvieux.

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Par alain l. Autant le mois de mai avait été ensoleillé, autant le mois de Juin fut gris et pluvieux. Le mistral s'était levé et les bourrasques de vent portaient une pluie fine et pénétrante qui glaçait les os. Le chantier n'avait plus cet air de fête des premiers mercredis.

Michel Piquemal vit à Béziers. Il est instituteur, aujourd'hui en disponibilité.

[Michel Piquemal] Le jobard

Écrivain, éditeur, directeur de collection, c'est un auteur Jeunesse reconnu. Olivier Balez est né à Besançon 25 en Il a fait des études de graphisme à l'école Estienne à Paris. Nous retrouvions chaque fois le carton vide de la veille pos prs du portillon. La collecte prenait des proportions gigantesques. Selon l'experte-comptable, elle rapportait en moyenne cinquante bouteilles par jour.

Au bout de deux semaines, je dcidai qu'il tait temps de passer la deuxime partie de notre plan. J'en parlai Michel et on se mit d'accord pour fixer le jour J au mercredi 1er mai. On avertit la bande de se tenir prte mais, par amour du suspense, on garda notre projet top secret jusqu' la date fatidique.

Il ne portait plus de bandages et c'est peine s'il clopinait lorsqu'il tait fatigu. Tous les soirs, je l'emmenais faire un tour dans la cit pour qu'il se rhabitue bien marcher et courir. C'tait pour moi un bon prtexte. J'en profitais pour faire l'inspection des poubelles la recherche de quelques canettes.

J'aimais bien marcher dans les rues, alors que la nuit commenait tomber.

Je m'imaginais que je m'tais enfui, que j'avais quitt ma maison pour toujours et que je venais d'arriver dans une ville inconnue, o personne ne me connaissait et o je ne connaissais personne.

J'avais dbarqu du bateau et je me baladais seul dans les rues de New York. Je me tenais sur mes gardes car je pouvais tout moment tre attaqu par une bande de black-malabars super baraqus. Mais Rex tait l.

Il me dfendrait, et la fin de la bagarre, les black deviendraient mes amis. Ils me serviraient de gardes du corps et je serais le chef de gang le plus redout de Brooklyn.

J'aurais une belle femme qui serait danseuse dans une bote de nuit et qui m'appellerait baby. Puis un jour, je reviendrais dans la cit en grosse bagnole amricaine. J'irais l'appartement mais ma mre n'y serait plus. Elle serait morte quelques mois auparavant. J'en aurais un immense chagrin mais je ne verserais pas une larme. Je couvrirais sa tombe de fleurs puis j'irais revoir tous les gens que j'avais connus : la boulangre myope, Nacer l'picier arabe, monsieur Legrand l'instituteur et nos voisins M.

Tout le monde serait super tonn. Ils ne voudraient pas savoir d'o me venait tout ce fric mais ils me fliciteraient. Car l'important, c'est de russir. Ma balade me menait toujours jusqu'au terrain vague. L, il n'y avait plus une seule lumire.

Quelqu'un avait dquill les ampoules des lampadaires publics. Sans doute le Jobard, qui n'avait pas de volets aux fentres, et que tout cet clairage devait gner pour dormir. C'tait la vraie nuit.

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Celle qu'on ne voit jamais lorsqu'on habite en ville. Celle qui fait peur et rassure la fois. Avec Rex, on arrtait de faire du bruit ; et, en retenant notre souffle, on se baladait dans le terrain vague. S'il y avait un peu de lune, sa lueur se refltait dans la tour de verre comme dans un puits. Les minutes devenaient magiques. Silencieusement, je m'approchais de la maison du vieux. C'est dingue comme ce bonhomme pouvait m'intriguer. Il tait le plus souvent sa table de travail en train de griffonner des plans avec un crayon et une rgle.

Parfois aussi, il lisait de vieux bouquins tout jaunis. Ce type-l n'tait pas fou. C'tait sans doute un sorcier mais il n'tait pas fou. J'aurais donn beaucoup pour savoir ce qu'il maniganait avec toutes ces paperasses ; mais les carreaux taient si sales qu'on voyait tout flou.

Alors, je restais une dizaine de minutes l'observer, assis devant la fentre claire comme devant un cran de tl. Puis, quand je parvenais enfin dtacher mes yeux de cette silhouette, je rentrais chez moi en courant. Chaque soir, je me disais que ce n'tait pas la peine d'y revenir puisque c'tait toujours la mme chose et que je n'apprenais rien de nouveau.

Mais chaque soir, j'y revenais En quelques jours, les ntres avaient trouv plein de combines pour rendre notre cave plus agrable. Pour commencer, il n'tait plus question de faire pipi dans le couloir.

Mme si on en avait trs envie, on devait monter pisser dans les sapinettes. Ensuite, elles avaient fait des tas de dcorations et s'taient proccupes du confort. Dsormais, chaque sige avait son petit coussin.

Seul Jean-Luc refusa un temps de poser les fesses sur un truc de minettes ; jusqu'au jour o un ressort du fauteuil lui dchira le pantalon Les quatre filles - Katia, Sylvie, Lou et Ccile - n'taient pourtant pas encore des membres de la bande part entire. Le jour J, il fut convenu qu'elles nous accompagneraient jusqu'au terrain vague - a, on ne pouvait pas le leur refuser!

Je vis bien l'air pinc de Lou que cela les vexait terriblement mais je restai inflexible. Comme disait Jean-Luc, c'tait trop dangereux pour elles. Et puis, dans tous les films de guerre que j'avais vus autrefois avec mon pre, il n'y avait jamais beaucoup de femmes. Elles taient surtout l pour amuser la galerie! Sous leurs regards muets de reproches, on s'est tous chargs d'un carton de dix bouteilles ; et en route pour la baraque. Nous tions dix. Dix fois dix font cent bouteilles.

C'tait le cadeau pour notre offre de paix. Cependant, comme nous n'tions srs de rien, nous avions aussi emport dans nos poches frondes, pierres et boulons.

On n'est jamais trop prudent. Dans la rue, les adultes qui venaient acheter leur traditionnel muguet nous regardaient avec un brin de surprise. Il faut dire qu'on formait un drle de cortge. Dix garons en file indienne, portant des cageots sur la tte, suivis de quatre filles, les mains dans les poches Ce n'tait tout de mme pas un spectacle ordinaire!

Le vieux tait sur une chelle, occup la construction. Il ne remarqua pas notre entre. Lorsqu'il perut le bruit des cageots que nous posions terre, il se retourna en sursaut. Sans bouger de son chelle, il nous regarda un instant - quelques secondes sans doute, mais qui nous parurent des sicles.

Nous avions tous la gorge noue. C'tait la premire fois que la plupart des copains le voyaient d'aussi prs. Soudain, le Jobard se frotta les mains, descendit de son perchoir et vint vers nous en souriant : - Alors, c'est plus la guerre?

Je le regardai dans les yeux On vous apporte des bouteilles pour remplacer celles qu'on a casses. En signe de bonne foi, je vidai mes poches des boulons et des cailloux qu'elles contenaient, imit aussitt par tous les copains. Et sans attendre notre rponse, il prit le chemin de la baraque. Nous tions tous intimids, comme un jour de rentre scolaire o l'on se trouve face un nouveau matre. Nous l'avons suivi sans dire un mot, en tranant un peu les pieds.

Il nous ft entrer dans sa bicoque, dboucha une vieille bouteille et nous servit un doigt de vin chacun. Mais buvez-le doucement, vous devez pas avoir l'habitude. On s'est tous regards en rigolant.

Un quart de verre de vin ne nous faisait pas peur. Tout en sirotant mon vin doux, je jetai un coup d'il la cuisine du vieil homme. Sr que le mnage n'avait pas t fait depuis un bon bout de temps! Il y avait des trucs qui tranaient un peu partout : de la vaisselle brche, des drles d'outils, des journaux dchirs, un moteur de mobylette, de vieux stylos Mais ce qui m'tonna le plus, c'est qu'il n'y avait ni tlvision ni radio.

C'tait la premire fois que je voyais une maison sans tl. Moustique, qui ne supportait pas le silence, engagea la conversation : - Dites, monsieur, c'est quoi votre nom? Mon vrai nom, c'est Julien Trencavel Pour vous, ce sera Julien. Nous nous dpchions de finir notre verre lorsque quelqu'un frappa la porte. Julien, qui n'tait pas habitu de la visite, alla ouvrir d'un air soucieux.

En guise de bonjour, Lou lui tendit un brin de muguet, envelopp dans du papier cellophane. Le vieil homme jeta un coup d'il un calendrier crasseux punais contre une porte Les filles lui firent un gentil sourire. Tout timide, tenant son bret dans ses mains, le Jobard s'approcha pour leur faire une bise.

Puis il sortit dans la cour en reniflant comiquement le muguet. Tout le monde l'a suivi en riant de bon cur. Dcidment, ces filles taient des phnomnes!

Elles n'en faisaient qu' leur tte et avaient le chic pour nous faire tout gober. On est revenus jusqu' la construction de verre et M. Julien nous a fait faire le tour du propritaire.

Il paraissait trs fier d'avoir de la visite. Il y avait l des milliers de bouteilles, colles entre elles de manire former une grande tour de verre de quatre mtres de diamtre. Les murs en taient trs pais : d'au moins cinquante centimtres. C'tait dj un ouvrage gigantesque, mais d'aprs ce que nous en dit M. Julien, il en tait seulement au tiers de la construction. Il allait donc falloir encore des milliers de bouteilles.

Je songeai au trsor de verre que nous avions accumul dans notre cave. Il paraissait bien drisoire ct de ce que ncessitait la tour. Je vous garantis tout de mme que a servira quelque chose. La question que posa ensuite Lou brlait les lvres de tous les garons, mais aucun de nous n'avait os la poser : - On peut vous donner un coup de main? Vous pouvez mme commencer tout de suite si vous voulez! J'ai regard les copains. Ils ont tous hoch la tte. Il en faudrait qui lavent les bouteilles dans le grand bac et d'autres qui les schent.

Avec vous trois, on les assemblera pour continuer la tour ; elle doit encore monter de cinq mtres. Moustique mit un sifflement admiratif : - Wwhuiii! Il va en falloir des litrons. En quelques minutes, les quipes taient organises.

Moustique et Michel occupaient dj le sommet des chelles ; Jean-Luc leur lanait les canettes comme un jongleur de cirque tandis que les filles remuaient en riant la pte paisse du chaudron. C'est un mlange que j'ai invent moi-mme Il y a de l'eau, des os bouillis rduits en poudre et de la rsine.

Mais, croyez- moi, pour coller, a colle! C'est ainsi qu'on passa notre premier mercredi aprs-midi chez le Jobard Au fond, la paix, a pouvait tre aussi marrant que la guerre! Toute la bande tait l pour prter main-forte M. Pour commencer, on s'est fabriqu des chafaudages. La tour tait dj deux fois haute comme nous et les chelles ne suffisaient plus. On a donc fait rouler de gros bidons d'huile qu'on a disposs tout autour. Ensuite on les a recouverts d'une passerelle de planches et le travail proprement dit a pu commencer.

Les uns enduisaient les bouteilles, les autres les collaient, fond contre fond, goulot contre goulot. Mme Rex tait de la partie. Je l'avais dress charrier les bouteilles dans sa gueule. Ce n'tait pas encore tout fait au point, car il les laissait tomber une fois sur deux, mais avec un peu d'entranement, le dressage ne tarderait pas porter ses fruits.

L'ambiance tait du tonnerre. Moustique, pour tre un abonn des colonies de vacances, connaissait des tas de chansons par cur.

Mouloud, qui tait un vrai clown, imitait le guitariste en grattant une planche de bois et on riait comme des tordus. Il faisait un temps superbe et c'tait un plaisir de travailler torse nu au soleil, de se mettre de la colle jusqu'aux oreilles et de s'asperger d'eau pour un oui ou pour un non.

Jamais je n'avais vu un tel enthousiasme pour un de nos projets. Mais en fin d'aprs-midi, Katia, qui avait toujours sa maudite machine calculer en tte, vint semer le trouble dans nos esprits : - J'ai fait mes comptes, nous dit-elle. Les murs de la tour ont huit bouteilles d'paisseur et forment un cercle de plus de six mtres. Pour faire monter la tour d'une hauteur d'une bouteille, il faut en employer prs de cinq cents. Sachant que nous devons encore monter de cinq mtres et qu'une bouteille fait trente centimtres de haut, il va nous falloir : 5 m : 30 cm multipli par soit 8 bouteilles environ.

Le chiffre tait impressionnant. Avec toute la bonne volont du monde, jamais on n'arriverait rassembler un tel trsor. Et on pouvait faire confiance Katia. Moustique disait qu'elle tait tombe dans une marmite de calculettes quand elle tait petite. Tout le monde se regardait, la mine dcourage. Le Jobard n'tait qu'un rveur!

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Mais on l'a tous suivie en cortge. Julien tait dans la baraque en train d'craser des os de buf coups de masse. Il s'essuya les doigts au pantalon, mit ses lunettes et examina attentivement le bout de papier.

Puis il le rendit Katia en clatant de rire : - C'est bigrement exact! Mais viens un peu avec moi. Il prit Katia par la main et l'emmena vers la baraque. L, il ouvrit une pice et nous montra ce qu'il a appel sa rserve. Ce fut le choc! Du sol au plafond, ce n'tait qu'un empilement gigantesque de bouteilles poussireuses. Julien nous fit un clin d'il : - Cela fait dix ans que j'y pense ma tour.

Depuis dix ans, j'en ai rcupr des milliers! Pourtant, la pitchounette a raison : je sais qu'il va malgr tout nous en manquer. Mais je vous fais confiance ; vous me trouverez bien quelques centaines de bouteilles Julien en riant.

Et nous nous sommes spars avec de nouveaux projets en tte. Dsormais, en plus de la construction du mercredi, on ferait des oprations-bouteilles le samedi aprs-midi. On prendrait nos vlos pour aller en expdition dans les cits voisines ; car dans la ntre, on commenait avoir tout cum. Lorsque nous en avions repr un, nous oprions en attaques-clair , la manire des commandos. Moustique grimpait sur les paules de Jean-Luc.

Il sortait les bouteilles du container tandis qu'on les entassait dans les cageots de nos porte-bagages. Les passants avaient juste le temps de s'apercevoir de notre mange que dj nous filions grands coups de pdales vers une autre cit. Au bout de quelque temps, nous avions localis une bonne douzaine de containers qui devinrent nos centres d'approvisionnement permanents. C'est dingue le nombre de canettes qu'on pouvait rapporter.

Selon la calculette de service, il ne nous faudrait pas plus d'une dizaine de samedis pour rgler dfinitivement la question des bouteilles. La tour de verre n'tait pas un rve impossible. Si nous le voulions vraiment, rien ne pourrait nous empcher de la faire grimper en haut du ciel. Et pourtant Nous avions oubli un petit dtail : les parents!

Alors qu'ils nous reprochaient sans cesse de rester enferms devant la tl, ils trouvrent malgr tout redire nos travaux en plein air. Comme disait Michel : C'est vraiment dsesprer! Ils ne sont jamais contents! Ils ne le connaissaient pas, ne lui avaient jamais adress la parole et avaient dcid que c'tait un assassin.

Simplement parce qu'il vivait comme un sauvage dans une cahute de clochard. Un jour que je sonnais chez Jean-Luc, je l'entendis se disputer avec ses parents : - Je t'interdis d'aller chez le Jobard, disait sa mre. Et arrte de nous chiper toutes les bouteilles vides qui tranent Jean-Luc ne rpondit pas et vint me rejoindre en claquant violemment la porte.

En ce qui le concernait, ce n'tait pas un vrai problme. Son pre hurlait pour un oui ou pour un non, ce qui ne l'empchait pas de n'en faire qu' sa tte. Mais pour Pierre et Philippe, ce ne fut pas la mme chanson. Leurs parents leur interdirent carrment de venir sur le chantier.

Ils durent prendre mille prcautions pour nous y rejoindre en cachette.

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Ma mre aussi m'avait fait la leon. Elle m'avait dit tout net que a ne lui plaisait pas du tout. Quand j'tais seul dans ma chambre, je ronchonnais en donnant de grands coups de poing dans les murs. Qu'avait-elle d'autre me proposer? Elle n'tait jamais l. Je ne pouvais tout de mme pas passer ma vie l'attendre en regardant la tl. Pourtant, en fin de compte, l'opposition des parents ne fut pas une si mauvaise chose.

Au contraire! Il fallait se cacher, inventer des prtextes, user de ruses de Sioux. On avait l'impression de faire quelque chose de dfendu et ce n'en tait que meilleur. Pour faire bisquer les adultes, je dcidai mme d'appeler notre bande les petits jobards. Certains parents commencrent dire : - Laissons-les faire!

Vous savez comment sont les gosses! Dans quinze jours, ils auront une nouvelle marotte et ils oublieront leurs fichues bouteilles. Un mois plus tard, nous tions toujours aussi acharns notre projet et ils durent baisser les bras.

Il faut dire que M. Julien tait un type formidable. Plus nous le connaissions, moins nous avions envie de laisser tomber. C'est vrai qu'il ne se lavait pas beaucoup, qu'il sentait un peu le bouc et que sa bicoque tait une porcherie C'est vrai qu'il tait bourru, qu'il n'aimait pas les gens et vivait comme un homme des cavernes Mais sous sa carapace, nous sentions bien qu'il avait un cur d'or.

Avec nous, les gosses, il ne criait jamais et nous laissait toujours tout faire. Par exemple, lorsque les filles dcidrent que la tour serait plus jolie si elle tait peinte, elles n'eurent mme pas lui demander son avis. Ccile, dont le pre tait peintre en btiments, ramena toute une srie de fonds de pots.

Katia prit du rouge, Sylvie du bleu, Lou du vert, Ccile du jaune Avec lui, les choses taient aussi simples que cela. Il nous comprenait vraiment.

Quand on en avait marre d'empiler des canettes et qu'on jouait se jeter des seaux d'eau, il ne nous disait pas qu'on allait se salir, attraper froid et autres salades. Il s'asseyait sur une pierre et nous regardait en rigolant.

Au fond, pour un adulte il tait plutt sympa. Tant que j'tais avec les copains, en train de btir la tour, a allait super bien. Mais ds que je rentrais la maison, j'avais un cafard du diable. J'tais seul jusqu' sept heures et quart et a me rendait dingue. Je savais bien qu'elle n'y tait pour rien, qu'il lui fallait travailler pour gagner des sous, qu'elle avait une demi-heure de trajet en bus et qu'elle devait encore faire les courses avant de rentrer.

Mais je trouvais a injuste. Pourquoi on ne vivait pas comme les autres? Pourquoi on n'tait pas une vraie famille?